Archivé — Ian deGroot

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Ian deGroot a modifié ses méthodes d'enseignement afin de créer un climat d'apprentissage qui incite les jeunes à s'entraider. En remplaçant les pupitres individuels par des tables rondes, il a permis à ses élèves de faire de l'étude des mathématiques un apprentissage de groupe. Le pourcentage d'échecs au programme de mathématiques de l'école secondaire Sutherland de Vancouver a chuté, passant de 25 p. 100 à environ 10 p. 100 au cours des 5 dernières années.

Ian fait connaitre son expérience à ses collègues de la province dans le cadre de séances de formation en milieu de travail. Il encourage également les jeunes filles à exceller en mathématiques; pour ce faire, il leur propose des modèles en invitant des femmes de carrière à donner des causeries à l'école. Depuis que Ian est devenu directeur du département de mathématiques, il y a 8 ans, le taux d'inscription des jeunes filles aux cours supérieurs de mathématiques a augmenté, passant de 30 à 50 p. 100.

Méthode d'enseignement

« Je suis persuadé que le travail en groupe favorise l'apprentissage. »

Trois facteurs m'ont incité à modifier mes méthodes d'enseignement : d'abord, j'ai pris conscience que la société évoluait rapidement, alors que nos méthodes d'enseignement des mathématiques étaient statiques; ensuite, j'ai lu plusieurs articles de recherche sur les avantages de l'apprentissage collectif; et, enfin, au cours de l'été 1989, j'ai animé un atelier à l'intention de professeurs de mathématiques, ce qui a été pour moi une expérience très enrichissante.

Le directeur de l'école Sutherland a accepté avec enthousiasme de financer le remplacement des bureaux traditionnels par des tables rondes autour desquelles les élèves travaillent en groupes de quatre. J'avais d'abord demandé des tables rectangulaires, mais on m'a fait parvenir par erreur de grandes tables rondes. Elles se sont avérées encore plus conviviales, car elles permettent aux élèves de se rapprocher physiquement et de travailler ensemble.

Une fois les pupitres remplacés par des tables, je ne pouvais plus reculer. Je devais enseigner tous mes cours en m'adressant à des petits groupes, et je ne crois pas que je pourrais revenir à mon ancien style. Même si j'ai dû élaborer de nouvelles stratégies et apprendre différentes techniques de direction de classe, j'ai été stimulé par le changement et par l'attitude positive des jeunes de tous les niveaux. J'ai été tout particulièrement surpris de voir les élèves coopérer naturellement des le départ, et de constater avec quelle facilité ils se sont adaptés à la nouvelle méthode d'enseignement.




Expérience pratique

Un professeur pourrait créer un bon climat d'apprentissage collectif rien qu'en réaménageant les pupitres. Bien que les tables rondes constituent la solution idéale, on peut tout aussi bien commencer en disposant plusieurs pupitres en rectangle.

Au début, j'ai formé des groupes de quatre élèves en pigeant des noms dans un sac. Lorsque j'ai appris à mieux connaitre les capacités de chacun, j'ai pu établir les groupes de façon plus structurée. Par exemple, je m'assure toujours que chaque groupe compte au moins un élève doué en mathématiques qui peut être capitaine et animer la discussion. J'essaie également, dans la mesure du possible, de créer des groupes qui comptent autant de garçons que de filles et des personnes de races différentes.

Je modifie fréquemment la composition de mes groupes, c'est-à-dire au moins toutes les trois semaines. Les élèves apprennent ainsi à se connaitre et acquièrent les aptitudes sociales nécessaires à une bonne interaction. J'ai appris à ne jamais laisser les élèves former leurs propres groupes, ce qui forme inévitablement des cliques.

Il est toutefois impossible d'utiliser cette seule méthode pour enseigner les mathématiques. Je travaille de cette façon la moitié du temps environ, car il faut parfois expliquer des concepts généraux à l'ensemble de la classe. Il est assez facile d'intégrer les méthodes d'enseignement traditionnelles à l'enseignement collectif, bien que la disposition des tables ne soit pas toujours idéale pour les cours magistraux.

Il faut compléter cette nouvelle méthode d'enseignement par l'attribution de notes fondée sur l'évaluation du groupe plutôt que sur les seuls résultats aux examens écrits et aux tests d'unité. J'évalue mes élèves et je les note à partir de mes observations du travail du groupe et des exposes des groupes devant la classe.

  • Je note la participation aux discussions de groupe, la compréhension des concepts présentés et la capacité de clarifier et d'expliquer des concepts à d'autres membres du groupe. Je peux ainsi déterminer quels élèves ont besoin d'une aide personnalisée après les heures de cours.
  • À mes yeux, un problème n'est résolu que si tous les membres du groupe sont capables d'expliquer la solution et de répondre à des questions. Ainsi, les élèves qui trouvent rapidement la réponse doivent l'expliquer à leurs condisciples. Les élèves sont choisis au hasard pour présenter les résultats de leur groupe, et une note collective est attribuée pour la qualité et la clarté de l'exposé, l'originalité des solutions présentées et la justesse de la réponse.

Une autre technique qui s'est révélée fructueuse permet aux élèves de travailler en toute quiétude et de façon indépendante à un test pendant une période donnée. Les élèves trouvent ensuite un partenaire en tirant les cartes correspondantes d'un jeu de cartes et proposent une solution par paire. Ils aiment bien cette méthode, peuvent apprendre de leurs camarades et se sentent responsables des résultats des autres.

Dans une classe axée sur l'apprentissage collectif, les élèves discutent constamment. C'est ce bruit de fond qui pose le plus grand problème d'adaptation au professeur habitué à l'enseignement traditionnel. Il m'a fallu peu de temps pour comprendre que l'augmentation du niveau de bruit était attribuable aux élèves qui parlaient de mathématiques de façon constructive et productive.