Archivé — Gérard Camisa

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Professeur de mathématiques à l'École secondaire des Sources de Dollard-des-Ormeaux, au Québec, Gérard Camisa a conçu un programme d'enseignement par les pairs doublement efficace : il a permis aux élèves éprouvant des difficultés d'améliorer leur rendement scolaire, et a donné aux plus doués la possibilité d'acquérir des aptitudes pour l'enseignement en plus de susciter chez eux un extraordinaire enthousiasme pour les mathématiques.

En 1992, l'école s'est classée au 7e rang parmi 1 270 écoles participant au concours de mathématiques Fermat destiné aux élèves de secondaire IV. Par ailleurs, dans le cadre du concours Mathématiques du Québec organisé par l'Université de Montréal, les élèves de Gérard Camisa arrivent souvent dans les 100 premiers parmi les 1 200 participants. Ses méthodes d'enseignement dynamiques, l'importance qu'il accorde à la réussite de ses élèves et son amour communicatif des mathématiques suscitent l'admiration de ses élèves, garçons et filles, et de leurs parents.

Méthode d'enseignement

« Le rôle du professeur ne se limite pas à répéter ce qu'il lit dans les livres. Car dans ce cas, on pourrait tout aussi bien le remplacer par un écran vidéo! »

Les difficultés qu'éprouvent les élèves en mathématiques sont bien souvent le résultat d'un blocage psychologique. C'est pourquoi je m'efforce de démystifier cette discipline et d'amener les jeunes à prendre de l'assurance. Dans bien des cas, ces derniers doutent de leurs capacités; je dois donc les encourager et les féliciter chaque fois que l'occasion s'y prête. En classe, je leur pose des questions dont ils connaissent la réponse et je leur demande d'aller résoudre un problème au tableau lorsqu'ils ont répondu correctement à la question. De cette façon, les élèves constatent qu'ils peuvent réussir.

Je considère mes élèves comme des personnes à part entière; je sais que ces derniers veulent apprendre, mais je suis conscient qu'ils traversent parfois des périodes difficiles. Je demeure donc à l'écoute pour être au courant de tout problème familial ou autre.

Lorsque les notes d'un élève baissent, j'essaie toujours d'en comprendre la raison. Il est important de tenir compte des besoins des élèves, mais il faut éviter de se laisser gagner par l'émotion et leur faire comprendre qu'ils ont des responsabilités dont ils doivent s'acquitter et une tâche à accomplir. Le dialogue et la fermeté aident en ce sens.




Expérience pratique

Depuis 1992, mes élèves de secondaire V travaillent avec des élèves plus faibles dans le cadre d'un programme d'enseignement par les pairs. Grâce à une subvention fédérale visant à prévenir le décrochage scolaire, j'ai formé une équipe de jeunes disposés à donner de leur temps afin d'aider des élèves de niveaux inférieurs ayant des difficultés.

Notre directeur cherchait comment intéresser les élèves qui risquaient de décrocher, d'où l'idée du programme. Celui-ci a été mis en œuvre avec un petit budget de fonctionnement de 4 000 $ destiné à payer les heures supplémentaires requises pour le mener. Les professeurs provenaient des classes de cycle supérieur de l'école. J'ai expliqué aux élèves les défis qu'ils devaient relever ainsi que la méthode que je suggérais. Environ 12 d'entre eux se sont portés volontaires.

J'ai ensuite demandé à mes collègues le nom des élèves qui éprouvaient des difficultés en mathématiques et qui étaient disposés à travailler pour redresser leur situation. J'ai obtenu une liste de quelque 30 noms. J'ai ensuite organisé une réunion au cours de laquelle les élèves qui avaient besoin d'aide ont choisi leur « professeur ».

Les conditions de travail sont très simples. Le lieu et la fréquence des rencontres sont déterminés par les élèves jumelés — après les cours, les week-ends, à la maison, etc. — selon des modalités qui leur conviennent.

L'un des problèmes que je m'efforce de résoudre est d'amener les élèves qui ont besoin d'aide à s'engager sérieusement à suivre le programme à la lettre. Comme il s'agit d'un programme gratuit, il y a toujours un petit nombre d'élèves qui ne le prennent pas assez au sérieux et qui manquent des rencontres. Je songe à diverses possibilités, par exemple à imposer des frais minimes, peut-être un dollar l'heure de cours particulier, à demander aux élèves de s'engager par écrit et, peut-être, à faire participer leurs parents.

Je fais office de personne-ressource pour les professeurs en herbe et de point de contact pour mes collègues. Les « professeurs » ont parfois besoin d'une mise à jour sur certains sujets qu'ils enseignent et de conseils sur les techniques d'encadrement. J'essaie également de maintenir leur enthousiasme lorsque leur élève manque une rencontre ou qu'il avance à pas de tortue. Une ou deux fois par mois, les « professeurs » me présentent un court rapport écrit du travail effectué, et je consulte mes collègues afin de mesurer les progrès réalisés par les élèves qu'on m'a confiés.

Les jeunes tirent de nombreux avantages de leur enseignement. Ils acquièrent notamment plus de responsabilités et d'indépendance. Il y a également d'autres avantages scolaires puisque les jeunes doivent revoir les notions de base en mathématiques, notions qu'ils peuvent avoir oubliées ou qu'ils n'ont peut-être pas comprises aussi bien qu'ils le croyaient.

Le programme d'enseignement par les pairs est un franc succès. La plupart des élèves qui éprouvaient des difficultés se sont repris et ont réussi leur cours, et nous sommes parvenus à éviter le décrochage scolaire. Par ailleurs, l'expérience profite tout autant, sinon plus, aux élèves doués qui y participent; elle a même incité certains d'entre eux à poursuivre une carrière dans l'enseignement!

Le programme se poursuit dans l'espoir que nous pourrons non seulement ranimer le désir d'apprendre chez les élèves qui ont dévié de la route, mais aussi susciter chez eux l'amour des mathématiques.