Archivé — Dennison Tate

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Dennison Tate croit fermement qu'il faut lancer des défis aux élèves pour les inciter à donner le meilleur d'eux-mêmes. C'est exactement ce qu'il fait, surtout dans son cours supérieur de physique destiné aux élèves qui envisagent de poursuivre des études universitaires dans cette discipline. Offert depuis 1990 à l'école secondaire Harrison Trimble de Moncton, au Nouveau-Brunswick, ce cours porte sur l'électromagnétisme, la théorie des quanta et la physique nucléaire. Dennison divise sa classe en groupes auxquels il présente des sujets stimulants tels que les trous noirs, la nanotechnologie, la théorie des super cordes, les trous de vers et l'effet de serre.

Ses élèves ont préparé un cédérom et présenté un exposé sur l'utilisation de celui-ci. En 1993, 7 d'entre eux se sont classés parmi les 27 premiers au concours de l'Association canadienne des physiciens. En mettant au point un programme scientifique présenté dans un phare historique, Dennison a imaginé une façon originale de faire connaître aux enseignants et aux élèves les caractéristiques physiques et biologiques propres à la région de la baie de Fundy. Il a également élaboré un projet de journalisme scientifique de vulgarisation.

Méthode d'enseignement

« Au fil des ans, j'ai pris conscience de l'utilité des projets en équipe afin de développer les aptitudes des élèves pour les sciences. »

Il faut donner aux élèves la possibilité d'exprimer et de satisfaire leur curiosité, et d'explorer les multiples facettes des sciences; il faut aussi leur apprendre à être exigeants envers eux-mêmes, à effectuer des recherches fiables au meilleur de leurs connaissances et à persévérer pour comprendre ou résoudre un problème complexe.

Mes élèves savent des le départ que j'ai l'intention de leur soumettre des problèmes d'une difficulté supérieure au niveau du programme et qu'ils ne pourront peut-être pas résoudre. Je veux qu'ils comprennent qu'il s'agit de problèmes concrets auxquels nous nous attaquons ensemble, plutôt que de problèmes très difficiles dont la réponse est déjà toute trouvée dans un livre.

J'explique à mes élèves qu'ils auront parfois l'impression d'être dans une situation très précaire, qu'il arrive forcement des moments où l'on place la barre trop haute. Je veux qu'ils comprennent que ce sentiment n'a rien d'anormal, qu'il n'est pas un signe d'échec, mais indique plutôt qu'ils apprennent comment réagir dans diverses situations.




Expérience pratique

Un tel climat d'apprentissage est l'aboutissement d'un long travail d'essai. Au fil des ans, j'ai pu constater que certaines méthodes étaient plus utiles et plus efficaces que d'autres. De ce point de vue, le projet de « journalisme scientifique » a été particulièrement profitable. Les élèves devaient faire de la recherche sur un sujet scientifique inédit, c'est-à-dire des travaux scientifiques en cours que personne ne connaissait encore, et présenter ce sujet sous forme d'article.

Avant le début du projet, les rétracteurs du journal local avaient déjà accepté de collaborer avec nous et posaient certaines conditions. Les textes devaient leur parvenir avant la date de tombée, et il était convenu que seuls les articles publiables seraient retenus. Les rédacteurs ont rencontré mes élèves à maintes reprises pour leur expliquer leurs exigences et les mettre en garde contre certains pièges du journalisme.

Les élèves n'avaient qu'une marche à suivre, et c'était celle que leur dictait le problème. Là était la clé du projet. Dans ce cas précis, ils devaient respecter les exigences du journal et travailler d'une façon qui soit acceptable aux yeux des chercheurs avec lesquels ils devaient communiquer.

Les élèves devaient s'arranger pour entrer en contact avec des chercheurs. Trouver un sujet inédit n'était pas une mince affaire, car ils ne pouvaient compter ni sur les journaux, ni sur les revues, ni sur Internet. Il leur fallait explorer d'autres avenues. Certains élèves se sont informés des projets de recherche en cours auprès des départements de sciences d'universités locales. D'autres ont communiqué avec des auteurs d'ouvrages scientifiques afin de leur poser des questions sur leurs travaux purement théoriques. D'autres encore ont pris connaissance d'un projet d'assainissement d'un ruisseau local et se sont renseignés sur la question. Dans chaque cas, les élèves se sont informés sur les travaux de chercheurs et ont assuré le suivi.

Ma tâche d'enseignant consistait à exposer les grandes lignes du problème, à insister sur l'importance de la date de tombée et à rappeler aux élèves à quelle étape ils devaient être rendus afin de respecter cette échéance. J'étais également présent pour ceux qui désiraient discuter de leur projet.

Je leur ai donné le travail en février, et ils disposaient de trois mois pour le mener à bonne fin. Alors qu'avril approchait, je leur ai indiqué qu'ils pourraient avoir des problèmes si leur travail n'était pas déjà bien avance. Tous les travaux ont été terminés à temps et six des huit articles ont été publiés.