Archivé — S'aider soi-même et aider son école

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Garry Kroy
Austin O'Brien High School
Edmonton
(Alberta)

«Est-ce que je peux commencer à travailler tout de suite? » C'est une question souvent posée dans les cours de choix de carrière et de technologie de Garry Kroy, qui permettent aux élèves de toucher à différents domaines d'activité professionnelle. Les élèves s'empressent de travailler parce qu'ils ont souvent l'occasion de faire des activités « de la vraie vie » qui aident leur école et leur collectivité. M. Kroy se sert du matériel mis à sa disposition pour amener les étudiants à mettre en application leurs compétences fraîchement acquises dans divers domaines : électronique, conception assistée par ordinateur, éditique, radio, vidéo, sérigraphie, fabrication d'enseignes, animation, robotique, soudage, construction et utilisation d'Internet.

Il a aussi très habilement exploité le nouveau programme d'éducation au choix de carrière et de technologie de l'Alberta, pour élaborer un programme et mettre sur pied un atelier qui aident ses élèves à se renseigner sur un large éventail de compétences professionnelles. Depuis son arrivée à l'Austin O'Brien High School au début des années 1990, il a transformé tous les événements — depuis les crises mineures jusqu'aux activités parascolaires — en occasions d'apprendre pour ses élèves.

Il nous décrit brièvement ici la situation dans laquelle il s'est retrouvé au début de la décennie et comment il a réussi à mettre sur pied un nouveau programme très stimulant à partir des possibilités qu'il a su entrevoir.

Utiliser des projets de classe pour répondre aux besoins de l'école

J'ai eu la chance d'arriver à l'école à une époque où les possibilités de croissance étaient considérables; il m'a fallu un peu de temps pour le comprendre. Au début des années 1990, la commission scolaire envisageait la fermeture de l'école en raison d'une baisse des inscriptions. Cependant, à mon arrivée je n'ai pas trouvé un personnel découragé, mais plutôt une équipe d'éducateurs dévoués, bien décidés à sauver l'école. L'idée de faire partie de l'équipe qui allait changer le destin de l'Austin O'Brien High School m'inspirait beaucoup et cela a eu un effet déterminant sur ma façon de travailler.

J'ai pu contribuer à l'atmosphère de coopération et de travail d'équipe grâce à mes élèves qui se rendaient utiles en réalisant des projets pour l'école et la collectivité. Parce que les cours de choix de carrière et de technologie requièrent des habiletés pratiques et du matériel qui peuvent aussi servir à bon nombre de ces projets, j'ai pu amener les élèves à participer tout en améliorant leurs compétences. En outre, un certain nombre d'organisations et d'entreprises locales ont appuyé nos projets, soit par des contributions financières, soit en nous fournissant du personnel de soutien. Le partenariat que nous avons établi avec l'Edmonton Sun s'est avéré très profitable pour le journal de notre école. Les Chevaliers de Colomb nous ont aidés à acheter les principaux appareils dont nous avions besoin pour être à la fine pointe de la technologie.

Si nous avons pu intégrer ces projets dans le programme d'études, c'est en raison du nouveau programme d'éducation au choix de carrière et de technologie adopté en Alberta, qui permet aux élèves de travailler sur des modules individuels visant à leur faire acquérir des connaissances, des compétences et des attitudes bien définies. Dans le cadre de ce programme, je travaille avec mes élèves au début de l'année sur des aspects tels que la résolution de problèmes, le travail d'équipe et la faculté de conception. Ils sont ensuite prêts à aborder, individuellement ou en groupe, les modules qui les aideront à cerner leurs intérêts et leurs habiletés.

Les modules sont bien conçus et encouragent les élèves à atteindre un niveau de compétence intermédiaire ou avancé dans de nombreux domaines d'activité professionnelle. Nous avons pu ajouter aux bénéfices que nous offrait le nouveau programme en nous dotant de moyens importants sur place. Les élèves ont accès à bon nombre des 620 modules du programme provincial.

Le cadre du programme me permettait d'ajouter un ensemble de projets grâce auxquels les élèves pouvaient intégrer les compétences qu'ils avaient acquises. Ces projets sont empreints de l'esprit d'équipe qui a eu tellement d'impact à Austin O'Brien. Voici quelques exemples des travaux réalisés par mes élèves : photographie, traitement de textes et éditique pour le journal de l'école, production de vidéos pour l'école ou pour la collectivité, conception et impression de t-shirts pour une équipe sportive, soudage d'équipement de gymnastique brisé, production d'une courte émission de radio pour promouvoir une activité de l'école, culture de plantes à la station hydroponique et utilisation d'outils de conception assistée par ordinateur pour élaborer des projets de construction communautaires.

La plupart des écoles devraient être capables d'intégrer ainsi les cours de choix de carrière et de technologie parce qu'elles ont toutes un point commun : il y a toujours une multitude de choses à faire et trop peu de gens qui ont le temps de s'en occuper. Les professeurs de technologie sont particulièrement bien placés pour tirer profit d'une telle situation, car nous avons habituellement les moyens d'agir sur de nombreux plans. C'est aussi une occasion formidable pour nos élèves de travailler sur quelque chose de réel plutôt que sur un projet « tout cuit ».

Les élèves sont prêts à relever les défis des projets concrets. Ils travaillent beaucoup mieux lorsqu'ils s'aperçoivent que les résultats sont tout aussi importants pour eux que pour le reste de l'école. L'expérience que ces projets leur fait vivre est également plus près de ce qu'ils découvriront en entrant sur le marché du travail.

Il n'est pas difficile de trouver des moyens de permettre aux élèves de se rendre utiles. Sans trop y réfléchir, je peux facilement imaginer un tas de situations qui pourraient être intégrées dans mon programme d'études. En voici quelques exemples :

  • une équipe sportive de l'école remporte le championnat provincial et ses membres aimeraient avoir un t-shirt pour commémorer l'événement;
  • le département d'art dramatique monte une pièce pour laquelle il faudrait créer certains effets spéciaux impressionnants;
  • les élèves d'une classe de design aimeraient avoir une vidéo pour faire connaître leurs réalisations;
  • un projet communautaire a besoin d'une page Web.

En fait, si vous avez la réputation d'être prêt à aider, vous n'avez pas à faire d'efforts pour chercher à vous rendre utile. Les occasions se présenteront d'elles-mêmes.

Il faut par contre être assez bien organisé pour trouver les élèves auxquels les projets conviennent. Vous devez également informer les autres enseignants des problèmes et défis logistiques auxquels vous devez faire face, de telle sorte qu'ils prévoient suffisamment de temps pour l'exécution du projet.

Lorsque j'ai lancé mon programme, j'ai mis l'accent sur un genre de projets précis. J'ai choisi un champ de compétences et j'en ai fait mon point de départ. Un professeur peut fort bien commencer uniquement avec des projets de vidéo, des enregistrements audio ou des petits projets de construction. Une fois la logistique de base établie, il peut diversifier les activités.

Quand un nouveau projet m'est présenté, je commence par passer en revue la liste des élèves et des modules qu'ils ont menés à bien. Le plus important est de trouver les élèves qui possèdent les compétences voulues pour faire le travail sans le trouver trop exigeant ou trop simpliste. Ainsi, une équipe qui a déjà terminé la moitié du module sur l'affichage est sans doute la mieux placée pour créer une bannière qui sera déployée lors de la cérémonie de la remise des diplômes.

Outre les compétences acquises lors des différents modules, les habiletés de résolution de problèmes, de travail d'équipe et de conception enseignées en début d'année sont également intégrées aux projets. Je décris le travail qui nous est proposé aux membres du groupe afin de m'assurer qu'ils sont prêts à le faire. Ils sont généralement d'accord, car ils savent qu'ils en seront récompensés. D'une part, je laisse habituellement une marge dans mon évaluation pour donner des points supplémentaires pour ce genre de travail. Souvent, l'école ou le groupe communautaire ajoutent leurs propres moyens d'encouragement, qu'il s'agisse d'un repas, d'une modeste rémunération ou même d'une entrevue pour un emploi futur. D'autre part, les élèves contribuent à l'épanouissement de leur école et de leur collectivité.

Les élèves s'engagent ensuite dans un processus de résolution de problèmes. Ils consultent le client afin de connaître ses besoins précis, tiennent une séance de remue-méninges et proposent un concept initial. Lorsque tout le monde a approuvé ce concept, les élèves passent à l'action. Par la suite, ils critiquent leur travail et suggèrent des moyens de l'améliorer. S'il s'agit d'un projet qui peut se répéter, les commentaires recueillis seront pris en note pour permettre à l'équipe de l'année suivante de tirer parti de l'expérience passée. L'autre avantage important, c'est que le client paye tout le matériel et qu'il nous accorde très souvent des fonds supplémentaires pour notre programme.

Les projets des clients suscitent beaucoup d'enthousiasme parmi les élèves. Il arrive parfois que ceux qui ont déjà terminé le programme viennent à la rescousse des autres. Contrairement à d'autres travaux de classe, je n'ai pas à faire d'efforts pour que le projet ait l'air d'une situation réelle; les élèves savent d'emblée que la situation est réelle. À titre d'exemple, vous pouvez être certains que les élèves qui préparent une bannière pour la cérémonie de remise des diplômes le feront de manière professionnelle, car tous leurs amis la verront. De plus, tous les élèves finissent le cours avec un portfolio donnant un aperçu des connaissances et des compétences acquises.

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